"La richesse n'est pas combien d'argent l'on possède. La richesse, c'est ce qu'il reste quand on a justement perdu tout cet argent". Roger Hamilton
"L'unique doit être protégé. La Terre est unique".
Que faudrait-il faire?
Il n'y a pas de solution, "miracle", facile et immédiate, c'est le moins que l'on puisse dire! Cependant, la solution à long terme à une crise financière et énergétique telle que celle qui a émergé en 2008 est de dépasser le modèle économique de "la croissance à tout prix" et de reconnaître enfin les vrais coûts et bénéfices de cette croissance. Selon Herman Daly,
On a vu précédemment que nos sociétés se concentraient simplement sur la production de biens et de services représentée par par le produit intérieur brut (PIB). Parmi ces biens et services, certains n'amélioreront pas notre quotidien et détruiront encore plus notre environnement. Mais peu importe!!!! nous dit le PIB. C'est quelque chose de "produit", donc on compte cela positivement et tout le monde est content ce qui nous pousse tous a la surconsommation. Un pays produisant des centaines de millions de brosses à dent par jour et dont la population serait totalement démunie aurait un PIB à faire pâlir n'importe quelle de nos économies.
Le modèle qui nous est imposé peut "marcher" tant que l'énergie reste bon marché et abondante sauf que...ce n'est plus vraiment le cas aujourd'hui. Pour continuer à ce "jeu", il faut entre autres, s'approprier des territoires et de la main d'oeuvre dans les pays en voie de développement, continuer à détruire notre environnement et s'engager dans des guerres sans fin. Un surplus énergétique important pour nos sociétés (comme cela est le cas depuis presque 200 ans) fait en sorte que la division du travail est efficace pour promouvoir l'efficacité de nos sociétés ou chaque individu a sa propre spécialisation (qui n'a plus rien à voir avec la production d'énergie comme auparavant). Dans un tel modèle, chacun peut aussi avoir l'illusion qu'il pourra atteindre le sommet de la pyramide et devenir "riche" un jour. Sans ce surplus d'énergie, les fondations de nos économies seront mises à rude épreuve jusqu'à s'effondrer (ou du moins à se simplifier). Cette periode a aussi permis l'accomplissement de grands progrès dans la médecine et les sciences par exemple et il serait bien dommage de perdre ces acquis.
Rompre notre dépendance aux énergies fossiles est aussi essentiel. Pour cela, il sera nécessaire de relocaliser notre économie (nourriture, monnaie etc.) dans le but de créer un futur beaucoup plus désirable et viable sur le long terme qui se concentre plus sur la qualité de vie et le respect de la planète et non plus seulement sur la quantité de biens consommés. Si nous ne le faisons pas maintenant, la Nature nous l'imposera de toute façon mais avec peut être des conséquences plus fâcheuses si nous n'y sommes pas préparés. Nous sommes vraiment immergés dans une culture où le "profit" est au centre de tout. Pour s'éloigner de cette vision destructrice (que l'on veut d'ailleurs nous faire croire est au service du bien de tous), il faudra probablement de nouvelles institutions. Cela impliquera de redessiner complètement notre société. Il sera aussi certainement nécessaire de développer un nouveau système monétaire (voire même plusieurs!) qui ne soit plus basé sur la dette perpétuelle et qui s'adapte aux ressources énergétiques disponibles. Il y a aujourd'hui bien trop de dettes et de promesses comme par exemple la sécurité sociale ou encore les retraites, qui ne peuvent être honorées sur la base des ressources énergétiques existantes.
Par exemple, la masse monétaire, au lieu de devoir augmenter exponentiellement, déclinerait avec notre possibilité d'extraction de ressources énergétiques, c'est à dire de notre possibilité à générer un travail pour produire un bien ou fournir un service. Si le système économique dans son ensemble ne croît plus et ne produit plus un surplus qui peut être utilisé pour payer ses intérêts, alors les dettes sur le long terme n'ont plus aucun sens. Il est beaucoup plus facile pour un emprunteur de repayer un emprunt sur 20 ans avec des intérêts lorsqu'il ou elle obtient une promotion ou des hausses de salaire que lorsque l'employeur décide de licencier ou de réduire la production. Pour mettre en place un tel système monétaire, une période de transition serait nécessaire où ce nouveau système monétaire et l'actuel coexisteraient. La nouvelle monnaie pourrait servir pour acheter de la nourriture et son émission serait strictement limitée. Idéalement, ce nouveau système monétaire remplacerait petit à petit l'ancien. Il est intéressant de noter que de tels systèmes monétaires indépendants, non basés sur la dette perpétuelle et propres à une communauté sont utilisés avec succès dans beaucoup régions du globe.
On se rend donc bien compte que beaucoup de temps est nécessaire pour qu'un tel système puisse voir le jour à grande échelle. Plusieurs types de monnaies pourraient aussi exister suivant l'utilisation voulue, et à différentes échelles. Richard Douthwaite, économiste et auteur de plusieurs livres sur par exemple l'illusion de la croissance ou encore sur des systèmes monétaires "alternatifs", proposent de telles solutions.
Le degré de complexité de nos sociétés requiert un énorme flot énergétique pour que cette complexité soit maintenue. Si ce flot diminue, la société doit se simplifier et se relocaliser pour limiter encore plus de dégâts à notre planète et finalement aussi sur nous-mêmes.
Il s'agit donc bâtir un système basé sur la prospérité et l'épanouissement de tous et non sur la croissance aveugle, d'utiliser nos ressources intelligemment et de manière vraiment durable. Il s'agit de comprendre qu'est-ce qui "entre" dans nos sociétés et qu'est-ce qui en "sort" et de faire en sorte que les deux s'équilibrent à peu près. Ces gens sont parfois appellés des "décroissants". La "décroissance" donne une image très négative de ce qu'elle est vraiment. On a l'impression qu'il est nécessaire de revenir à l'âge de pierre. Tout dépend en fait comment on définit l'épanouissement personel ou encore le bonheur. Si c'est par exemple le nombre de gadgets en plastique achetés qui vont finir à la poubelle deux semaines après, alors oui, c'est clair que nous allons décroître. Si au contraire on se focalise plus sur la qualité de vie, alors le terme de "decroissance" n'a pas du tout sa place. Les changements à venir pourraient parfaitement nous apporter sur le long terme une amélioration globale de notre qualité de vie dans les pays déjà développés. En ce qui concerne les pays pauvres ou émergents, c'est un peu moins simple: on ne va bien entendu pas dire à des personnes qui meurent de faim de "consommer" moins. La "croissance durable", terme très a la mode, n'est qu'une oxymore et ne sert qu'à maintenir le
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