"Il ne faut jamais s'attendre à ce qu'un homme comprenne ce qu'il est payé à ne pas comprendre." Al Gore.
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Le lien entre les ressources énergétiques et la croissance économique

Factories

La croissance économique et l'exploitation/transformation de ressources énergétiques sont intimement liées. Le charbon et les machines associées a rendu la fabrication en masse de biens possible et ainsi a permis l'émergence d'une classe moyenne. C'est une des grandes caractéristiques de la première révolution industrielle. Nous avons par la suite ajouté le pétrole, le gaz naturel et l'uranium (énergie nucléaire). La consommation énergétique mondiale a grimpé en flèche et quasiment sans interruption depuis le début de la première révolution industrielle. Ce sont principalement les pays "riches" qui en on été responsables. Seulement aujourd'hui les pays dits "émergents" revendiquent aussi leur part du gâteau, un gâteau de plus en plus maigre. L'extraction de ressources énergétiques a elle aussi suivie cette tendance car avec pas assez d'énergie disponible à la société, il y a beaucoup moins d'activités économiques possibles. Pour s'en convaincre, il suffit de regarder à la vitesse à laquelle l'économie cubaine s'est contractée en 1991 après la chute de l'URSS et de ses importations pétrolières subventionnées.

Pour croître, il faut qu'il existe un "surplus" énergétique. Prenons l'exemple du corps humain. Si en mangeant, un individu fournit à son corps la même quantité d'énergie que ce dernier en dépense, ce dernier ne grossira pas. Par contre, si ce même individu mange un peu plus, et donc fournit un peu plus d'énergie que son corps en consomme, celui-ci grossira. Il en va de même pour l'économie. Même au 21ème siècle et à l'heure de l'internet qui abolit les frontières et de l'économie de l'information, nous sommes bel et bien dépendant des bonnes vieilles énergies fossiles et des pays qui les possèdent. Nous sommes bien loin des propos de Tony Blair qui alors premier ministre, déclarait en 2000 à Davos en Suisse: "20 ans après le choc pétrolier des années 70, la plupart des économistes seraient aujourd'hui d'accord pour dire que le pétrole n'est plus la plus importante marchandise dans l'économie mondiale. Maintenant, cette marchandise, c'est l'information". Et pourtant, notre économie toute entière est complètement dépendante de la disponibilité de ressources énergétiques à un prix relativement faible et stable. Les deux chocs pétroliers l'ont déjà amplement démontré, et plus récemment, les sommets atteints par le prix du baril en juillet 2008 (147$) ne font que le confirmer: si le prix du baril s'envole, de sérieuses turbulences sur l'économie mondiale sont à attendre. 2008 n'a pas échappé à la règle et nous en reparlons plus longuement ici.

L'idéologie même de la croissance se reflète dans notre système monétaire avec la notion dintérêts composés. Par ailleurs, le système monétaire international est très étroitement lié à la dette. Le système économique mondial s'effondrerait complètement et du jour au lendemain si les emprunts s'arrêtaient. Les banques et les compagnies d'assurance dépendent de ces prêts.

Des dettes sur le court terme ne posent pas un réel danger pour l'économie. Sur le long terme, il en est de même à condition que l'extraction et la consommation de ressources énergétiques disponibles à la société s'accroissent car on peut alors attendre de la "croissance" et de l'investissement, et donc à priori rembourser ses dettes avec les intérêts associés. Si tel n'est pas le cas, alors les dettes sur le long terme sont de moins en moins tenables et deviennent de plus en plus difficile à rembourser. C'est alors le début du cercle vicieux de la contraction de la masse monétaire...

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