"Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu'il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau." Albert Einstein.
2008: un tournant sans surprise
L'année 2008 a réellement était une année épique. La crise, ou plutôt la partie "visible" qui a émergé en 2008 est plus qu'une simple crise financière venue de nulle part ou de quelques ménages américains sur-endettés. Elle est surtout révélatrice d'un système économique qui est aujourd'hui rattraper par les lois de la Nature et le bon sens.
Le coeur du problème, c'est qu'il ne devrait pas exister indépendemment un système "Terre" fini par nature ET un système économique qui peut lui croître sans limite. En fait le système économique devrait tout simplement faire partie intégrante du système "Terre". L'économie écologique prend en compte de telles limites. Herman Daly, économiste Américain est l'un des pionniers dans ce domaine de l'économie complètement marginalisé. Ces deux systèmes sont fondamentalement incompatibles et leur collision est inévitable. Mais à l'heure actuelle, la nature au sens large du terme ne fait plus du tout partie de nos préoccupations. Dans son livre,
Il n'y a donc pas qu'une seule et unique raison à une telle crise. C'est une crise beaucoup plus globale à la fois financière, énergétique, écologique et même morale. C'est la convergence de ces réalités qui en fait sa gravité.
"Le processus par lequel les banques créent de l’argent est si simple que l’esprit en demeure confondu. […] Les crédits font les dépôts." John Kenneth Galbraith, L’argent, 1975
En créant toujours plus de dettes et donc "d'argent dette", la valeur de la monnaie se déprécie au cours du temps et est une des causes de l'inflation que les banques centrales tentent de maîtriser tant bien que mal. Une autre raison est la diminution de l'énergie retournée au cours du temps, en particulier celle provenant de ressources fossiles. Les prêts faits à la population doivent être payés AVEC des intérêts. Ces seuls intérêts prennent une importance absolument considérable avec le temps et le poids de ces intérêts (en plus de la dette elle-même!) pesant sur chaque citoyen augmente continuellement. Pourquoi cela? car ce sont des
Dette publique de la France:
"Il est une chance que les gens de la nation ne comprennent pas notre système bancaire et monétaire, parce que si tel était le cas, je crois qu’il y aurait une révolution avant demain matin." Henry Ford.
Voici justement un exemple graphique cette fois de la dette publique (fédérale) des États-Unis:
On retrouve encore une fois une croissance exponentielle. Toujours plus d'argent doit être crée dans le système pour le maintenir à flot. Mais nous avons déjà passé le virage de cette fonction (c'est à dire que tout "s'accélère"). Ainsi, nous pouvons vraisemblablement attendre dans les années qui viennent aux USA et dans une moindre mesure en Europe soit:
- une hyper inflation et un crash monétaire.
- un gouvernement en faillite complète qui ne pourra donc plus honorer ses dettes et les intérêts qui vont avec. Plus aucun service ne sera alors rendu à la population (Hôpitaux, Education etc...).
Plus de précisions sont aussi disponibles sur le site du mouvement sociétal, de public-debt, des fauxmonnayeurs et de bankster.tv.
Le fiasco des "subprimes" (crédits hypothécaires) aux USA combiné à l'augmentation du poids de la dette et de son effet de levier dans l'économie Américaine mais aussi mondiale (au travers de mécanismes financiers tellement complexes que finalement presque plus personne ne les comprend et en comprend les risques), sont responsables en partie de la crise financière.
Or comme on l'a vu,
Une simple coïncidence? Une des conséquences majeures a été un baril à $147 en juillet 2008. Une partie seulement de ce prix peut être attribué à la spéculation et à la chute du dollar. Les spéculateurs ont été souvent montrés du doigt comme les " grands méchants". Pourtant tout indique qu'un tel prix était justifié par des fondamentaux au premier rang duquel une production de plus en plus à la traîne derrière une consommation énergétique solide.
Un baril à $147 a eu un effet absolument désastreux sur les compagnies aériennes, l'industrie automobile, l'augmentation des coûts de production via le transport et sur les agriculteurs qui ont vu le prix des matières premières flamber. Rappelons une nouvelle fois que l'agriculture intensive est très dépendante des énergies fossiles (engrais chimique=gaz naturel et machines agricole nécessitant du carburant etc...). Cela a eu aussi des effets très néfastes sur les simples ménages qui se voient dans l'obligation de consacrer une part de plus en plus importante à leur budget "énergétique" au détriment du budget "consommation" sur laquelle nos économies sont basées. Tous ces différents facteurs ont très probablement concouru à l'éclatement de la "bulle financière" et de sa pseudo-richesse créee. Cette dernière était justement soutenue par le besoin d'étendre encore et encore le crédit à des personnes dont les banques savaient très bien qu'elles ne pourraient pas rembourser. Ainsi, de plus en plus d'argent coulaient à flot dans le marché immobilier américain faisant grimper les prix de l'immobilier de manière complètement artificiel. Il est aussi raisonnable de penser qu'un tel schéma de Ponzi nécessite un socle énergétique solide en expansion constante même si l'argent crée n'est que du "vent". Les bulles financières sont destinées à éclater. Il est donc difficile d'affirmer avec certitude que la crise des subprimes est simplement due à l'augmentation des prix de l'énergie. En revanche, elle est l'une des aiguilles prête à faire éclater de telles bulles. Et cette aiguille sera toujours plus grosse.
Dans un monde fini, nous allons nous trouver très vite dans une économie en déclin car il n'y a plus assez de ressources avec une énergie retournée assez importante pour maintenir l'économie à flot et supporter sa croissance sans causer des hausses soudaines de prix des matières premières suivis alors d'une vague de dettes impayées, d'une nouvelle contraction du crédit et d'un crash du prix de ces mêmes matières premières. Il y a un risque d'entrer dans un cercle vicieux d'oscillations ou à chaque fois, nous retomberions un peu plus "bas".
De plus, quand l'économie globale se contracte, les investissements colossaux dans dans les projets pétroliers et gaziers sont en chute libre. De même que pour les projets dans les énergies renouvelables. Sur le long terme, cela garantit des pénuries énergétiques. Matthew R. Simmons estime que 100 mille milliards de dollars sont nécessaires pour moderniser le système mondial de distribution pétrolier et gazier. C'est une somme considérable.
- Notre monde est "fini"
- Notre dépendance au pétrole et ses conséquences
- Combien reste-il de pétrole? Aucune importance!
- Des ressources finies mais une croissance économique infinie?
- Le lien entre les ressources énergétiques et la croissance économique
- Nous atteignons les limites!
- 2008: un tournant sans surprise
- Que faudrait-il faire?




